Etude nutritionelle et comportementaledes femmes rurales bénéficiaires du programme JP RWEE et de leurs familles dans les gouvernorats de Jendouba et Kairouan, (2023) (Français)

C’est une étude/enquête qualitative qui permettra d'informer le développement des interventions, des activités et du matériel de la communication pour le changement social et comportemental (SBC) nécessaires à l'amélioration de la santé et de la nutrition des femmes rurales et de leurs familles dans les deux régions de l’étude. Les objectifs spécifiques de cette étude sont (1) Comprendre les perceptions actuelles, les croyances, la vie quotidienne, les normes sociales, les rôles de genre, etc. pour éclairer la stratégie de changement social et comportemental, de même que les structures communautaires / structures familiales sur lesquelles on peut améliorer la nutrition des femmes rurales bénéficiaires du programme JP RWEE ; et (2) identifier les obstacles et les opportunités qui contribuent à renforcer ou empêcher l’accès à une nutrition saine et sensible au genre Les résultats de l’étude révèlent que grâce aux stocks alimentaires « la coula » les femmes rurales arrivent à assurer souvent leur sécurité et diversité alimentaire tout le long de l’année. Dans toutes les régions et délégations visitées, les familles rurales sont fières de pouvoir avoir quelques réserves alimentaires pour affronter surtout les moments de crise (Covid 19, difficultés financières, aléas climatiques…). Cependant et suite à la rareté des produits sur le marché tunisien ces derniers temps (farine, semoule, blé, orge, huile…) ainsi que le manque d’eau, les femmes des régions les plus vulnérables et les plus pauvres se trouvent face à des préparations alimentaires au jour le jour voire devant des situations d’insécurités alimentaires. Une nostalgie par rapport à l’alimentation traditionnelle a été évoquée et est perçue comme alimentation saine, propre et nutritive par rapport à l’alimentation « moderne » de cette époque. L’enquête laisse déceler des tendances au niveau des différentes composantes de la chaîne de la consommation alimentaire : de la production à la consommation finale (activités agricoles et production, vente, achats, transformation, approvisionnement, pratiques culinaires, préparation, gaspillage, consommation quotidienne, consommation saisonnière, consommation occasionnelle, consommation festive, élimination, déchets, rituels, hygiène, etc.). Des formes nouvelles de distinction sociale ont été constatées. Il s’agit des « systèmes alimentaires alternatifs ». En effet, aussi bien à Kairouan qu’à Jendouba, plusieurs femmes ont évoqué avec fierté leur préférence pour les produits de terroir qui deviennent des produits alternatifs assurant une alimentation saine. Ces systèmes alimentaires prennent d’autant plus de valeur qu’ils ne sont pas à la portée de tout le monde en raison de leur rareté et de la complexité de leur préparation. Les représentations sociales de l’impact du changement climatique sur l’alimentation étaient difficilement décelables à travers nos enqueté.e.s. S’agissant des rapports sociaux de sexes, l’enquête a révélé que la cuisine est un bon indicateur des mœurs alimentaires genrées. En fait, ce sont les femmes qui continuent à prendre en charge toutes les activités liées à l’alimentation (préparation des repas, courses, approvisionnement, etc.). Elles prennent en charge le domestique, mais participent aussi par le travail notamment dans les champs à subvenir aux besoins de la famille.

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